Votre portable acheté en promotion est-il condamné à rester chez le même opérateur ? Vendus souvent « lockés » (bloqués), les portables peuvent être « désimlockés » (débloqués) dans des boutiques spécialisées et autres sites Internet. Ces pratiques sont-elles pour autant fiables ?
Le déblocage (ou désimlockage), késako ?
Le blocage des téléphones portables permet aux opérateurs d’amortir leur investissement sur les téléphones qu’ils subventionnent. Un téléphone bloqué est un mobile inutilisable sur un réseau concurrent. Il existe trois types de blocage : le blocage réseau, le blocage sur la carte SIM incluse dans le pack et le blocage SIM + réseau. Le numéro d’identificaion du téléphone (IMEI) est associé à un code de déblocage. Les opérateurs ont passé des accords avec les fabricants, qui en sont les propriétaires, pour ne pas fournir ces codes aux clients.
Pourquoi les mobiles sont-ils bloqués ?
Le temps où les opérateurs enchaînaient les packs qu’ils commercialisaient à la carte SIM intégrée est-il révolu ? Le terminal, pendant une durée de six mois minimum, ne pouvait pas être associé à un autre réseau ni même à une autre carte SIM. La raison principale ? Le téléphone, vendu avec forte réduction, se devait d’être « fidèle » un minimum de temps à l’opérateur, pour que celui-ci puisse se « refaire » sur vos appels. Surtout dans le cas des kits prépayés où, sans facture mensuelle, le seul revenu de l’opérateur vient des appels. On comprend cette attente quand un mobile est vendu en kit à 39 €, voire moins, alors que l’opérateur l’a acheté au constructeur à peu près le triple. Alors, lié pour toujours ? Légalement, il est possible d’obtenir le code de déblocage auprès de son opérateur après six mois, conformément aux contrats. Avant cette échéance, 75 € sont facturés, sensés couvrir la différence entre la valeur réelle du téléphone et son prix d’achat.
De nombreux abonnés s’insurgent pourtant contre la lenteur des opérateurs à fournir ce code après ce délai légal : « Cela fait trois mois que j’ai demandé le code à mon opérateur et, je n’ai toujours rien », explique Pierre dans un forum de discussion. Résistance ? Côté opérateurs, le son de cloche est différent : « Nous sommes pour le déblocage après six mois d’abonnement, c’est la loi et c’est un service que nous offrons à nos clients. En revanche, nous sommes opposés à la pratique qui consiste à désimlocker sauvagement un mobile quelques heures après l’avoir acheté dans une boutique. Fort heureusement, la plupart des clients respectent la règle du jeu », explique-t-on chez Orange. Car un mobile débloqué est souvent synonyme de client perdu. Pourtant, les sites spécialisés et les boutiques qui affichent « déblocage » en devanture ne se cachent plus…
Les méthodes pour débloquer son mobile
Malgré l’opposition des opérateurs, les petites boutiques, elles, sont de plus en plus nombreuses à proposer ce service. Et pour cause, la plupart des portables peuvent être débloqués en quelques secondes. Ce service étant facturé au client, à 15 € en moyenne, le coût d’acquisition du matériel pour débloquer les mobiles est vite amorti ! Mais comment ça marche ? Il existe plusieurs façons de « libérer » son téléphone. La plus courante est le déblocage en boutique. Il consiste à relier le terminal à un PC grâce à un câble data. Le vendeur spécialisé, équipé d’un logiciel, va agir sur le logiciel interne de votre téléphone et débloquer le mobile. Le client n’a aucune manipulation à faire. La seconde méthode est moins contraignante mais plus limitée. Des sites Internet proposent de désimlocker certains modèles de portables. Le numéro IMEI du téléphone, le modèle et le fabricant sont demandés. Ces sites utilisent une base de données équipée d’un calculateur qui génère le code de déblocage de l’appareil. Il suffit alors d’insérer une autre carte SIM et de saisir le code fourni à l’invite du téléphone. Le prix moyen oscille entre 15 et 25 €. Enfin, il est possible de désimlocker soi-même un portable en achetant un câble spécifique. Tous les acteurs du secteur s’accordent à dire que la méthode est « risquée » et onéreuse (80 € en moyenne), pour un câble qui s’adapte souvent à un seul modèle ou à une seule marque de téléphone.
Légal et sans risque ?
Le cadre juridique pour le déblocage du portable est flou. « En France, aucune législation ne l’interdit, c’est une pratique tolérée », explique Lionel Meunier de Debloc.com, « des rumeurs font état de la mise en place d’une entente des opérateurs avec certaines boutiques en faveur du déblocage ». Information « délicate », que Orange, SFR et Bouygues Telecom se refusent à confirmer… D’autres rumeurs, difficilement vérifiables, prédisent au contraire une prochaine interdiction en France, comme c’est déjà le cas en Autriche ou en Allemagne. Mais le flou légal n’est pas le seul risque. Le risque matériel, en cas de déblocage non conventionné par l’opérateur, suscite aussi de nombreuses appréhensions de la part des consommateurs. Lionel Meunier confirme qu’il existe « un risque important d’un blocage définitif du téléphone si l’opération n’est pas exécutée dans les règles ». Pour un mobile haut de gamme, il y a de quoi se faire peur… Quid de la garantie constructeur ? Pas mieux. « Nous ne le disons pas forcément à nos clients mais la garantie constructeur saute dans la plupart des cas une fois le téléphone débloqué. Quand nous flashons le téléphone (ndlr : opérons une modification logicielle), le service après vente s’en aperçoit et refuse de réparer un mobile endommagé pour d’autres raisons », poursuit Lionel Meunier. De quoi envoyer son portable à la casse pour un simple bug ou un écran cassé. Rageant ! Plus fort encore, certains fabricants, témoins du déblocage « sauvage », n’hésitent pas à resimlocker le portable s’il a été vendu en pack opérateur. Pour contourner ce risque, certains distributeurs proposent des déblocages « transparents », grâce à des logiciels qui lisent simplement le code de déblocage sans modifier la configuration logicielle, notamment sur les nouveaux Nokia et certains Sagem. En tout état de cause, pour ceux qui resteraient malgré tout tentés, nous vous recommandons, si vous optez pour un déblocage avant les 6 mois suivant votre achat, de le réaliser en boutique spécialisée. Au moins, avec pignon sur rue, vous aurez plus de voies de recours en cas de problème. Car le déblocage, c’est un peu comme le ski hors piste. Personne ne l’interdit vraiment mais les pisteurs le déconseillent. A vos risques et périls…
Des sites qui débloquent
Voici quelques sites qui proposent le déblocage en ligne :
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